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Eloge de Lucio Zinna

Non sopporta l’infanzia l’abbandono”…
L’enfance ne supporte pas l’abandon, dit Lucio Zinna dans sa Fontana del Pescatore (in “Abbandonare Troia” 1986) et je m’y arrête en réfléchissant à ce qu’il écrit dans Il Prossimo Tuo (in “Bonsai”.... 1989):
Può essere distanza – lontananza mai ”…
Peut-être distance – jaimais éloignement.

Entre les deux lignes de force – je les prends pour telles – apparaissent, mobiles les signes de l’évolution, prouesses du temps qui s’effrite et se réinvestit.

Cela revient à reconnaitre avec le poète, un écart manifeste entre le point fixe de la conscience, celui où tout est lié, celui où tout nécessite une ancre et le temps pendant lequel le possible se profile en proportion de ce que nous sommes capables de développer indépendamment des autres (ici la distance) mais sans jamais rompre avec eux (ici l’éloignement).

Telle la démarche de Lucio Zinna se singularise dans une laisse dont il ne néglige aucune des marées, au prix même d’une descente aux enfers de la solitude. Nicola di Girolamo cerne cet aspect sensible de la question 1 en mettant en exergue le profit métaphorique auquel l’idée emprunte son cadastre,

C’est, on le perçoit, une philosophie radiante, c’est un continuum remarquable où Zinna, ne perd de vue ni l’embûche de l’hypocrisie (triste spectacle des consolations apportées à Job par ses amis) ni le piège de l’uniformité (morne tableau d’un monde esquissé par les augures du socialisme et les visionnaires de l’avenir dit cosmique).

En fait Zinna, sait trouver un équilibre – un lieu médian, si l’on préfère – entre le regard de Pascal “le silence éternel des espaces in finis m’effraie” (III 206) et le message aérien de Teilhard de Chardin – “Rien n’est précieux que ce qui est toi *dans les autres et les autres en toi. En haut, tout n’est qu’un”.

II y faut les qualités du virtuose à partir, note Jeanne Gao, sa traductrice, d’un Art achevé d’utiliser les ressources de sa Langue et, par exemple subjonctifs et indicatifs présents très équivoques dans la conjugaison italienne sans pronom sujet. Elle rejoint, par là, Antonino Contiliano dans ses reflexions sur l’ironie (au sens grec du mot) corme élément fondanental de l’architecture du poème de l’Ecrivain de Palerme 2. Au demeurant celui-ci promène avec une aisance nonpareille son trait sur les portées du glossaire latin. Il y conçoit des har monies bruissantes comme un océan matinal:

“ Il cuore ci fa grandi
“ l’essenza stessa del verso non il clangore
“ di tube (oh miglio per uccelli di passa
“ oh becchime per polli).

(Del Tendere la mano – Tendre la main) „

Et il en tire des jouissances parmi lesquelles peuvent revivre (ou survivre) des moments rilkéens semblables à ‘Soir à Skane’, ‘Apollon’, ‘Chanson près de la mer’. Ainsi ce don délivre spontanément des sensations et des sentiments qui s’imbriquent qui s’interpénètrent jusqu’à los sous une épaisseur changeante d’existence:

“Canta e disperdi il canto
“alle maremme canta fra rovi
“di giummare canta la tua umorosa
“canzone – amore nudo – spicca
“l’ali nel vento «Amore–umore
“che m’hai fatto fare…»

(Amoreumore – Amourhumeur)

Et, dans un monde où, sous nos jeux, le présent se défait plus vite qu’il ne parvient à s’établir, Lucio Zinna ne s’abandonne pas aux malaises du siècle. La géographie de planètes mortes dessinée par Jean-Paul Sartre est en dehors de ses limites sauf, probablement (par hypothèse) le mot final du penseur a propos de Baudelaire “Le choix libre que l’homme fait de soi mème s’identifie absolunent avec ce qu’on appelle sa destinée. Al contrario le choix humain de Zinna, le tourne vers le Porche du Mystère de la Deuxième Vertu où jaillit l’Espérance. Dans les pas de Saint- François. Dans les pas de Péguy. Dans ses chaussures à lui. Il y trouve à la fois un refuge et un tremplin. II y trouve aussi une raison d’accepter l’absurdité de comprendre l’inévitable et de se sentir concerné par l’inexpliqué.

Ce n’est pas la moindre des valeurs, chez un homme qui met de la pudeur autour de chacune de ses réflexions come si quelque chose le retenait de se livrer tout entier comme si les images avaient à son gout, pour vocation, d’apaiser la parole. Jusqu’à un certain point j’oserai dire que c’est une forme de transcendance comme une autre. Une sorte de mystique. Et j’en veuz pour èléments de preuves quelques un des ses Vers sur une photographie de Thérèse de Lisisiex:

“(a quali mondi aprirsi
“in quali ambiti de-circoscriversi).
“Per un volto cosi si può tornare
“a ri/sentirsi fra uomini e salire.

(Versi per una fotografia di Teresa di Lisieux).

Je me rends bien compte, à cet endroit, que mon Eloge du Poète Lucio Zinna ressemble seulement à un tronc à partir duquel m’importe qui à le loisir d’ajouter des feuillages de sa composition. L’oeuvre est vaste, l’impression que j’en donne tend, j’en le souhaite à inviter à sa lecture. On y rencontrera un lyrique, un magicien, un sage; on y cotoiera un méditerranéen qui sait lire les espaces, les étres, les raisons, la nature on y saisira la main d’un personnage sans sosie, mais attentif mais fraternel mais présent ou monde.

Il m’arrive de toutes parts des revues des opuscules, des manifestes, des brochures qui désignent à l’admiration collective cent et un nouveaux champions d’une époque en mal d’Art en mal d’Hommes en mal de Poésie. Et il me plait de signaler, en retrait que Lucio Zinna, dans sa comme lointaine Sicile, est veritàblement un Artiste, un Homne, un Poète.

1 – Nicola Di Girolamo il tema della solitudine della poesia di Lucio Zinna – Pietraserena, 1989.
2
– Antonino Contiliano, L’ironia, nell’opera poetica e letteraria di Lucio Zinna – Libera Università Trapani, 1989.
On consulterà également Jalons – n° 36, pages 16-17-18.

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